23 novembre 2017

« Auvergne terre d’aventure » pour l'élite des jeunes boulangers

« Auvergne terre d’aventure » pour l'élite des jeunes boulangers
Christopher Rigaud a préparé sa pâte, mercredi soir, sous l’œil du jury. © Photo Louis Fayet

L’École de boulangerie et de pâtisserie d’Aurillac accueille les meilleurs jeunes boulangers de France. Au programme, une série de créations sur le thème « Auvergne, terre d’aventure ».

 

Après 2004, le concours des meilleurs jeunes boulangers de France revient à Aurillac, dans les locaux de l’École de boulangerie et de pâtisserie d’Aurillac. La cité géraldienne a profité d’un petit coup de pouce du destin sur ce coup-­là : le concours tourne à travers la France mais, au printemps, Toulouse a décliné l’organisation. Ni une, ni deux, Christian Vabret, le directeur de l’École d’Aurillac, a sauté sur l’occasion… « Nous avions les installations, l’équipe technique et administrative, et on a trouvé l’argent », sourit-­il, heureux de ramener dans le Cantal une délégation de près de 200 personnes, accueillie comme à la maison : « Ils étaient aux tripoux dès le matin ! »

Mais  l’objectif est ailleurs : plus que l’impact économique sur la semaine, « c’est une belle promotion pour l’École. On est déjà connu, parce que nous formons avec des meilleurs ouvriers de France, mais c’est particulièrement important puisque nous lançons le partenariat avec l’institut Paul-Bocuse . Nous allons privilégier l’événementiel et ce concours fait partie de la stratégie. »

Pas de Cantaliens dans la sélection, « on sait que c’est compliqué », admet Christian Vabret. Un Auvergnat, tout de même : Christopher Rigaud, de l’Allier, formé dans le Puy­-de-­Dôme au centre Jean­-Paquet, à Romagnat. Lui aussi profite de l’abandon de Toulouse : le thè­me, qui a changé, devient « Auvergne terre d’aventure ».

 

 

Le local de l’étape n’a pas la pression : « Ça aurait été plus compliqué à Toulouse, reconnaît-­il. Là, ça me parle directement ! » Parmi les attentes, plusieurs pains et viennoiseries, aux formes évocatrices. Un vélo « pour rappeler Romain Bardet », la chaîne des Puys, l’ASM, le bonhomme Michelin, tout y passe, dans un programme qu’il a préparé pendant un mois.

Son objectif ? De la notoriété. S’il obtient plus de seize sur vingt, il décrochera le titre de Meilleur jeune boulanger de France, qui s’accompagne de plusieurs participations à des manifestations nationales et, éventuellement, au concours international du meilleur jeune boulanger. En plus de la notorié­té, le jeune homme s'attend à acquérir « énormément d’expé­rience » à travers cette semaine en vase clos avec des Meilleurs ouvriers de France et les meilleurs jeunes boulangers du pays.

Après la préparation, mercredi soir, le jeune homme se met aux fourneaux dès 4h45 ce jeudi matin. Quelques heures de travail qui seront scrutées par un Meilleur ouvrier de France, Jean-Yves Gautier, pré­sident de la commission formation de la Confédé­ration nationale de la boulangerie et de la pâtisserie française et président du jury. Installé à Nantes, il n’est pas Cantalien, mais presque. Il a fait une partie de ses classes à Aurillac… « Nous attendons des candidats qu’ils soient exigeants sur le geste, le produit, l’organisation, qu’ils soient en capacité de livrer la commande à la bonne heure. » Sur le niveau du concours, pas d’inquiétude : « C’est l’élite », avance-­t­i-l. Et pour vous en rendre compte par vous­-même, les produits seront exposés au public, aujourd’hui, de 17 h 30 à 18 h 30 dans les locaux de l’École, avant la communication des ré­ sultats, à 20 heures, au château de Salles.

Pierre Chambaud

La Montagne 23/11/2017